Plateforme e-commerce : quel CMS choisir en France
Deux mots reviennent dans cette recherche, et ils ne désignent pas la même chose : une « plateforme e-commerce » louée au mois, et un « CMS e-commerce » que vous installez vous-même. Le choix entre les deux ne se joue pas sur les fonctionnalités, il se joue sur la structure du coût, et en France sur une ligne que personne n'affiche : la TVA que vous ne récupérez pas.
Les comparatifs de plateformes ont tous le même défaut. Ils classent des fonctionnalités, annoncent un prix d'appel, et supposent un lecteur qui a déjà une société. Or deux choses décident du montant réellement prélevé, et aucune ne figure dans un tableau de fonctionnalités : les frais de transaction, qui dépassent souvent l'abonnement, et votre statut, qui décide si la TVA ajoutée à cet abonnement vous est rendue ou non.
Chaque chiffre ci-dessous a été relevé le 6 octobre 2026 sur la page officielle de l'éditeur concerné, et le tableau dit lui-même de quelles plateformes il ne publie pas le prix. Une grille tarifaire change quand l'éditeur le décide : les pages d'origine, liées en bas, valent plus que n'importe quel article, celui-ci compris.
Plateforme ou CMS : ce que les deux mots désignent
La distinction est technique, mais elle décide de tout le reste.
Une plateforme hébergée, ou SaaS, est un logiciel que vous louez. L'éditeur détient les serveurs, applique les mises à jour, gère la sécurité et la conformité du paiement. Vous payez un abonnement mensuel et vous n'avez pas de serveur à administrer. Shopify, WiZiShop et Wix fonctionnent ainsi.
Un CMS auto-hébergé est un logiciel que l'on vous donne. Vous le téléchargez, vous l'installez chez un hébergeur de votre choix, et vous en êtes responsable. WooCommerce, qui est une extension de WordPress, et PrestaShop appartiennent à cette famille. La documentation de PrestaShop le formule sans ambiguïté : « PrestaShop is a free and Open Source e-commerce web platform », et le code est « freely available on GitHub ». WooCommerce écrit de son côté « no platform fees, no revenue share », et la fiche française de l'extension précise que « notre plateforme centrale est gratuite ».
Le mot « gratuit » porte ici sur la licence, jamais sur le total. Un CMS auto-hébergé déplace la dépense : hébergement, nom de domaine, certificat, modules, et le temps de maintenance. Ce n'est pas un détail comptable, c'est un transfert de responsabilité. La question utile n'est donc pas « lequel est le moins cher », mais « quelle dépense je préfère avoir : un abonnement prévisible, ou une facture d'hébergement plus faible assortie d'un travail technique qui m'incombe ».
Ce que chaque plateforme coûte, au 6 octobre 2026
Les montants d'entrée de gamme, avec la ligne qui compte vraiment à côté.
| Plateforme | Prix | Frais par vente |
|---|---|---|
| Shopify Basic | 32 € par mois, 24 € en annuel | 2 % hors Shopify Payments |
| WiZiShop SMART | 34,90 € HT, 24,90 € HT en annuel | 2 % des ventes TTC |
| WooCommerce | licence gratuite | aucun |
| PrestaShop | licence gratuite, open source | aucun |
| Wix | prix non relevé | non relevé |
Au-dessus de l'entrée de gamme, Shopify affiche Grow à 92 €/mois (69 € en annuel), Advanced à 384 €/mois (289 € en annuel) et Plus à partir de 2 100 €/mois. WiZiShop affiche BUSINESS à 149,90 € HT/mois (99,90 € HT en annuel, soit 1 198,80 € HT facturés à l'année) et ENTERPRISE à partir de 1 300 € HT/mois. Le détail des quatre forfaits Shopify et de leurs deux familles de frais de paiement est chiffré dans notre page sur les prix de Shopify ; le calcul poste par poste entre WiZiShop et Shopify est fait dans notre test de WiZiShop, et cette page ne le refait pas.
Une précision qui n'est pas un détail, et que le tableau ne peut pas porter : les montants ne sont pas affichés sur la même base. La page de tarifs de WiZiShop indique « HT » sur chaque montant, celle de Shopify n'indique aucune base. Nous ne supposons donc rien à sa place, et la section sur le statut explique pourquoi cet écart change le coût réel. Pour WooCommerce et PrestaShop la question ne se pose pas : il n'y a pas d'abonnement à afficher.
Les frais de transaction : la ligne qui dépasse l'abonnement
C'est le point que les classements de fonctionnalités ne peuvent pas contenir, parce qu'il faut lire deux tableaux ensemble pour le voir.
Sur WiZiShop, les frais de transaction sont explicites et s'appliquent quel que soit le moyen de paiement. L'éditeur en donne lui-même la base : « Les frais de transaction s'appliquent sur les ventes de votre boutique (montant TTC, frais de port inclus). » Soit 2 % sur SMART, 1 % sur BUSINESS, 0 % sur ENTERPRISE.
Sur Shopify, le mécanisme est différent et se déclenche selon votre prestataire de paiement. Si vous encaissez avec Shopify Payments, la commission carte standard en ligne est de 1,6 % + 0,25 € sur Basic (puis 1,5 %, 1,4 % et 1,3 % sur les forfaits supérieurs). Si vous préférez un autre prestataire, Shopify ajoute une surcharge de 2 % sur Basic, puis 1 %, 0,6 % et 0,2 %. Cette surcharge s'ajoute aux frais de votre prestataire, elle ne les remplace pas.
Un exemple chiffré, calculé sur ces grilles du 6 octobre 2026, pour 2 000 € de ventes mensuelles réparties sur 40 commandes de 50 € :
- Shopify Basic en annuel avec Shopify Payments : 24 € d'abonnement, plus 40 × (0,80 € + 0,25 €) = 42 € de commissions carte. Total d'environ 66 €.
- Shopify Basic en annuel avec un autre prestataire : 24 € d'abonnement, plus 2 % de 2 000 €, soit 40 € de surcharge, avant même les frais du prestataire choisi. La surcharge coûte à elle seule plus cher que l'abonnement.
- WiZiShop SMART en annuel : 24,90 € HT d'abonnement, plus 2 % de 2 000 €, soit 40 €. Total d'environ 64,90 € HT, hors frais d'encaissement.
- WooCommerce ou PrestaShop : 0 € de licence et aucun frais de plateforme, plus l'hébergement et les frais de votre prestataire de paiement.
Le classement des prix d'appel (24 € contre 24,90 €) ne survit donc pas au premier mois de ventes réelles. Ce qui décide du montant, c'est la façon dont vous encaissez.
Ce que votre statut change au prix affiché
Voici la partie qu'un comparatif écrit depuis les États-Unis ne contient jamais, et c'est celle qui inverse une partie du classement.
Un vendeur en franchise en base de TVA ne facture pas de TVA à ses clients. La contrepartie est symétrique et souvent oubliée : il n'en récupère aucune. Le portail de l'administration est explicite sur les conditions de la déduction : l'entreprise « ne doit pas être exonérée de TVA ou être en franchise en base de TVA ». La TVA ajoutée à un abonnement affiché hors taxes est donc, pour ce vendeur, une dépense définitive, alors qu'un vendeur assujetti la déduit et ne supporte réellement que le montant hors taxes.
C'est la raison pour laquelle un prix affiché « HT » et un prix affiché sans base ne se comparent pas directement : la comparaison n'est juste qu'une fois les deux ramenés à la même base, et le résultat dépend de votre régime. Le tableau plus haut ne les additionne donc pas.
Voici les seuils qui décident de quel côté de cette ligne vous vous trouvez, relevés le 6 octobre 2026 sur service-public.gouv.fr. La colonne « Biens » correspond à la vente de marchandises, la colonne « Services » aux prestations de services :
| Seuil 2026 | Biens | Services |
|---|---|---|
| Micro-entrepreneur | 203 100 € | 83 600 € |
| TVA, seuil de base | 85 000 € | 37 500 € |
| TVA, seuil majoré | 93 500 € | 41 250 € |
Deux lectures de ce tableau. D'abord, le seuil unique de 25 000 € n'existe pas : le portail de l'administration écrit que « la réforme visant à instaurer un seuil unique de franchise en base de TVA de 25 000 € a été abandonnée ». Beaucoup de contenus publiés plus tôt en 2026, et beaucoup de réponses automatiques, le présentent encore comme en vigueur. Ensuite, le dépassement du seuil majoré rend l'entreprise redevable de la TVA dès le premier jour du mois de dépassement, ce qui change au même moment le coût net de votre abonnement.
Le détail du statut, des cotisations et de la TVA pour une activité de vente en ligne est traité dans notre page sur le cadre légal de la vente en ligne. À ne pas confondre avec la déclaration : au-delà de 30 opérations ou 2 000 € par an, la plateforme transmet vos données à l'administration, et c'est ce que les plateformes déclarent vraiment au fisc qui l'explique.
Les plateformes dont cette page ne publie pas le prix
Deux manques, et leur raison, parce qu'un comparatif qui invente un chiffre vaut moins qu'un comparatif qui dit ce qu'il ignore.
Wix. La page de tarifs française ne renvoie aucun texte exploitable depuis notre poste de lecture : l'affichage des prix est entièrement reconstitué par le navigateur, et aucun montant en euros n'y figure à la lecture. Nous ne publions donc aucun prix pour Wix.
Les offres payantes hébergées de PrestaShop. Le site commercial de l'éditeur fonctionne de la même manière, et aucune de ses pages d'offres n'a pu être lue. Seule la licence open source est documentée de source officielle, et c'est la seule chose que cette page affirme à son sujet.
Les deux restent des options défendables. Leur absence du tableau est une limite de cette lecture, pas un jugement sur le produit.
Le coût de sortie, qui ne figure sur aucune grille
Un choix de plateforme n'est pas définitif, mais il n'est pas non plus neutre à défaire, et cette asymétrie découle directement du modèle de licence.
Avec un CMS auto-hébergé, le code et la base de données sont chez vous. La licence de PrestaShop est publique et le code est « freely available on GitHub » ; WooCommerce annonce l'absence de frais de plateforme et de part sur le chiffre d'affaires. Changer d'hébergeur ne demande donc l'autorisation de personne, et rien ne cesse de fonctionner parce qu'un abonnement s'arrête.
Avec une plateforme hébergée, vous louez l'exécution de la boutique. Tant que vous payez, l'éditeur assume les serveurs, les mises à jour et la conformité du paiement, ce qui est précisément ce que vous achetez. Mais l'arrêt de l'abonnement arrête la boutique, et vos données devront être reprises ailleurs.
Il n'y a pas de bon camp dans cet arbitrage. Il y a une question à se poser avant de payer le premier mois : si cette plateforme ne me convient plus dans deux ans, qu'est-ce qui est à moi ? La réponse ne figure dans aucune grille tarifaire, et elle est connue d'avance.
Comment choisir, selon où vous en êtes
Trois situations couvrent la grande majorité des cas.
Vous n'avez pas encore validé ce que vous vendez. Le coût fixe est votre ennemi, et aucune plateforme ne vous dira si un produit se vend. Une place de marché prend une commission mais ne facture rien quand rien ne se vend ; les grilles officielles d'eBay.fr, Amazon.fr, Cdiscount et Etsy sont comparées dans notre comparatif des marketplaces françaises. Ouvrir une boutique avant d'avoir un produit qui tourne, c'est payer un abonnement pour apprendre ce qu'une place de marché vous aurait appris gratuitement.
Vous avez des ventes et vous voulez votre propre boutique. La question devient celle de l'encaissement. Si le prestataire de paiement imposé vous convient, un abonnement hébergé bas de gamme est le plus simple et le plus prévisible. Si vous tenez à votre prestataire, calculez la surcharge de 2 % sur votre chiffre d'affaires mensuel avant de comparer les abonnements, car c'est elle qui dominera la facture. Si Shopify est la piste que vous suivez, ce qu'est exactement Shopify répond à la question d'avant celle-ci.
Vous avez des compétences techniques, ou un prestataire. WooCommerce et PrestaShop suppriment l'abonnement et la surcharge, et vous rendent le choix du prestataire de paiement. Vous reprenez en échange l'hébergement, les mises à jour et la sécurité. C'est un arbitrage entre une dépense mensuelle et une responsabilité technique, et il se tranche sur vos compétences, pas sur un classement.
Ce qu'il faut retenir
Le prix d'appel est la donnée la moins utile de la comparaison. Sur 2 000 € de ventes mensuelles, l'écart entre deux abonnements d'entrée de gamme se compte en centimes, tandis que les frais de transaction se comptent en dizaines d'euros, et la TVA non récupérable en plusieurs euros par mois. Lisez les grilles dans cet ordre : d'abord la façon dont vous allez encaisser, ensuite votre statut, et seulement en dernier le montant affiché en gros caractères.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un CMS e-commerce ?
C'est un logiciel de boutique que vous installez et hébergez vous-même, par opposition à une plateforme louée au mois. WooCommerce, qui est une extension de WordPress, et PrestaShop en sont les deux exemples les plus répandus en France. Leur licence est gratuite et open source : la documentation de PrestaShop parle d'une « free and Open Source e-commerce web platform » et WooCommerce annonce « no platform fees, no revenue share ». La dépense ne disparaît pas pour autant, elle se déplace vers l'hébergement, le nom de domaine, les modules et le temps de maintenance, qui vous incombent.
Quelle est la meilleure plateforme e-commerce ?
Aucune ne l'est pour tout le monde, et la question utile porte sur votre encaissement avant les fonctionnalités. Si vous utilisez le prestataire de paiement de la plateforme, un abonnement hébergé d'entrée de gamme reste simple et prévisible : 32 €/mois chez Shopify, ou 24 €/mois en annuel, et 34,90 € HT/mois chez WiZiShop, ou 24,90 € HT en annuel, relevés le 6 octobre 2026. Si vous tenez à votre propre prestataire, la surcharge de 2 % de Shopify Basic dominera la facture. Si vous avez des compétences techniques, WooCommerce et PrestaShop suppriment l'abonnement et la surcharge contre une responsabilité technique.
Combien coûte une plateforme e-commerce par mois ?
Pour un abonnement d'entrée de gamme relevé le 6 octobre 2026 : 32 €/mois chez Shopify Basic (24 € en annuel) et 34,90 € HT/mois chez WiZiShop SMART (24,90 € HT en annuel). Au-dessus, Shopify affiche 92 € puis 384 €/mois, et WiZiShop 149,90 € HT/mois. Ces montants ne sont pas le coût réel : il faut y ajouter les frais de transaction, soit 2 % des ventes chez WiZiShop SMART et 2 % chez Shopify Basic si vous n'encaissez pas avec Shopify Payments, ainsi que les commissions de votre prestataire de paiement.
Shopify ou PrestaShop ?
Les deux ne se comparent pas sur le prix mais sur la responsabilité. Shopify est un abonnement qui inclut l'hébergement, les mises à jour et la sécurité, et qui applique une surcharge de 2 % sur le forfait Basic si vous utilisez un autre prestataire de paiement que le sien. PrestaShop Classic est une licence gratuite et open source, disponible sur GitHub, sans frais de plateforme et sans contrainte de prestataire, mais vous prenez en charge l'hébergement et la maintenance. Le choix se tranche sur vos compétences techniques et sur votre prestataire de paiement, pas sur un classement de fonctionnalités.
Une boutique en ligne ou une place de marché pour commencer ?
Si vous n'avez pas encore validé ce que vous vendez, le coût fixe d'un abonnement travaille contre vous, et aucune plateforme ne vous dira si un produit se vend. Une place de marché prélève une commission mais ne facture rien quand rien ne se vend. Une boutique inverse les termes : l'abonnement et l'audience se paient d'avance, et le fichier client reste le vôtre. Les grilles officielles d'eBay.fr, Amazon.fr, Cdiscount et Etsy sont comparées sur notre page consacrée aux marketplaces françaises.
Faut-il payer la TVA sur un abonnement de plateforme e-commerce ?
Elle s'applique, et la vraie question est de savoir si vous la récupérez. Un vendeur assujetti à la TVA la déduit, de sorte qu'un abonnement affiché hors taxes ne lui coûte réellement que ce montant hors taxes. Un vendeur en franchise en base de TVA ne facture pas de TVA et n'en récupère aucune, car l'administration réserve la déduction aux entreprises qui ne sont « pas en franchise en base de TVA » : pour lui, la TVA ajoutée à l'abonnement est une dépense définitive. Les seuils de la franchise en 2026 sont de 85 000 € pour la vente de marchandises et de 37 500 € pour les prestations de services, avec des seuils majorés de 93 500 € et 41 250 €, et le projet de seuil unique à 25 000 € a été abandonné.