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Vendre des timbres : quatre canaux et le seuil de 5 000 €

La plupart des gens qui cherchent à vendre des timbres n'ont jamais collectionné. Ils ont hérité d'un album, vidé une maison, ou retrouvé une boîte à chaussures pleine de pochettes classées par pays. La question qu'ils se posent n'est pas « où est le formulaire de mise en vente », mais « est-ce que ça vaut quelque chose, et comment en tirer de l'argent sans me faire avoir ».

C'est exactement ce que demandent les recherches associées à ce sujet en France : comment se débarrasser d'une collection de timbres, comment savoir si un timbre a de la valeur, quel est le meilleur site pour vendre. Yvert & Tellier, qui publie le catalogue de cotation français depuis 1896, part du même constat sur sa propre page consacrée au sujet : « Ces questions sont fréquentes, notamment pour ceux qui héritent d'une collection. »

Cette page répond dans l'ordre où les décisions se prennent réellement : trier, lire une cote sans la confondre avec un prix, choisir parmi quatre canaux qui ne coûtent pas la même chose, faire expertiser ce qui le justifie, et vérifier un seuil fiscal dont la particularité française est qu'il ne dépend pas seulement du montant encaissé. Deux choses n'y figureront pas : aucun prix pour un timbre donné, et aucune estimation de ce que vaut votre collection. Ces deux chiffres n'existent pas sans avoir l'objet sous les yeux, et toute page qui les affiche vend autre chose qu'une information.

Étape 1 : Trier avant d'ouvrir le moindre site

C'est l'étape que tout le monde saute et c'est celle qui détermine le résultat, parce que la valeur d'une collection n'est pas répartie. Yvert & Tellier le dit en une phrase : « Quelques pièces exceptionnelles peuvent représenter l'essentiel de la valeur d'une collection. » Autrement dit, l'épaisseur de l'album ne dit rien du montant, et un tri de deux heures vaut mieux qu'un choix de plateforme.

Le même éditeur donne les trois critères sur lesquels se fonde une valeur : « La valeur d'une collection repose sur rareté, qualité et demande. » La rareté se lit dans un catalogue, où chaque timbre porte un numéro unique reconnu internationalement, avec son pays, son année d'émission, son tirage et sa dentelure. La qualité s'évalue sur l'objet, et les points de contrôle sont précis : « dentelure correcte, gomme impeccable pour les timbres neufs, centrage adéquat ». La demande, elle, varie, « sauf pour les pièces rares ou célèbres qui trouvent toujours preneur ».

L'administration fiscale, de son côté, utilise une liste de critères proche pour décider si un objet est un objet de collection, et elle est utile ici parce qu'elle est écrite : « l'ancienneté ; la rareté ; l'importance de son prix, lequel doit être sensiblement supérieur à la valeur d'un bien similaire destiné à un usage courant ; l'arrêt de la fabrication du bien ; la provenance ou la destination ; l'intérêt historique qu'il présente ». Un timbre destiné à un usage courant et un timbre de collection ne sont donc pas le même objet, même quand ils sortent du même tiroir.

Le tri se fait en trois tas, et le critère n'est pas le goût.

Tas un, les pièces à vérifier une par une. Les timbres anciens, ceux dont la dentelure, la gomme ou le centrage frappent l'œil, les blocs et feuillets entiers, les lettres et enveloppes complètes avec leur oblitération, et tout ce qui porte une surcharge ou une erreur visible. C'est le tas qui justifie une recherche nominative et, éventuellement, une expertise.

Tas deux, le lot homogène. Les timbres oblitérés courants des dernières décennies, classés par pays ou par thème. Imprimés et conservés en très grand nombre, ils se vendent par lots plutôt qu'à l'unité, et le temps passé à mettre en ligne une pochette dépasse vite ce qu'elle rapporte.

Tas trois, ce qui part avec l'album. Les timbres abîmés, amincis, décolorés, collés à la page ou amputés d'une dent. Les accepter tôt comme tels évite des semaines d'annonces sans acheteur.

Un conseil de manipulation avant d'aller plus loin : ne décollez rien, ne lavez rien, n'arrachez pas un timbre d'une enveloppe ancienne. Une enveloppe complète avec son cachet a souvent plus de valeur que le timbre seul, et la gomme d'un timbre neuf fait partie de son état.

Étape 2 : Lire la cote, puis se souvenir qu'une cote n'est pas un prix

Le mot que vous allez rencontrer partout est la cote. C'est la valeur de référence publiée par un catalogue de cotation, et elle est structurée par état : les catalogues « donnent une cote selon que le timbre est neuf, avec traces de charnière, ou oblitéré », et « Depuis 1996, Yvert & Tellier ajoute une troisième colonne pour les émissions entre 1900 et 1959 ».

Ce que le catalogue coteCe que cela décrit
Neuf, gomme intacteJamais oblitéré, gomme d'origine sans trace de charnière
Neuf avec trace de charnièreJamais oblitéré, mais la gomme porte la marque d'un montage ancien
OblitéréTimbre ayant servi, valeur généralement très inférieure au neuf équivalent

Lire la bonne colonne est la première source d'erreur : un album d'oblitérés comparé aux cotes du neuf produit un total qui n'a aucun rapport avec ce que la collection peut rapporter.

La seconde erreur est plus grave, et elle est désamorcée par l'éditeur du catalogue lui-même : « Cette cote sert de base de transaction mais ne constitue pas un prix fixe. » La cote est un repère commun entre un vendeur et un acheteur, pas un prix de marché. Toute offre exprimée en pourcentage d'une cote est donc une convention commerciale, et pas une évaluation de votre lot.

Le seul prix qui existe est celui d'une vente conclue. La vérification est gratuite et ne demande aucun outil : sur eBay.fr, cherchez la pièce avec son pays, son année et son numéro de catalogue quand vous l'avez, puis appliquez le filtre « Ventes terminées » pour ne plus voir que les transactions réalisées. Trois gestes ensuite. Écartez les lots, qui tirent les prix vers le bas, et les pièces certifiées, qui les tirent vers le haut. Retenez une fourchette plutôt qu'une moyenne. Placez-vous dedans selon l'état réel.

Si la recherche ne renvoie aucune vente terminée sur votre pièce exacte, c'est une information et non un échec : élargissez au pays et à la période. Si cela ne donne toujours rien, la pièce appartient au tas deux.

Étape 3 : Choisir le canal, et il y en a quatre

Les quatre routes se distinguent par une seule chose, la même que pour tout objet d'occasion : qui fait le travail, et quand vous êtes payé. Mais sur les timbres, une cinquième ligne existe que les autres marchés n'ont pas, parce que la philatélie a gardé ses formats propres. Yvert & Tellier énumère les siens : « l'offre à l'amiable (achat au comptant de la collection), la vente aux enchères, la vente sur offres ».

CanalQui fait le travailCe qu'il coûte au vendeur
eBay.fr, à l'unité ou en lotsVousRien pour un particulier de l'EEE, 150 annonces gratuites par mois
Delcampe, site de collectionVousNi insertion ni commission de vente, boutique gratuite jusque 1000 objets
Négociant, offre à l'amiableLe négociantSa marge, intégrée au prix d'achat qu'il propose
Enchères ou vente sur offresLa maison de venteUne commission, variable selon l'opérateur

Les deux premières lignes sont vérifiables, et ce sont les deux bonnes nouvelles de ce marché. Sur eBay.fr, la page officielle des frais pour les vendeurs particuliers est explicite : « Les vendeurs particuliers ayant une adresse enregistrée dans l'Espace économique européen (EEE) peuvent désormais vendre gratuitement sur ebay.fr. Vous ne paierez pas de frais de transaction (commission sur le prix final et frais d'exploitation réglementaires) lorsque vous vendez des objets, quelle que soit la catégorie. » La même page donne le quota : « Vous bénéficiez également de 150 annonces gratuites par mois », puis 0,35 € par annonce supplémentaire, ou 250 annonces avec une Boutique. Pour le barème professionnel, qui est tout autre, voyez le détail des frais eBay et la façon de les calculer.

Delcampe, la marketplace francophone dédiée aux objets de collection, où Timbres est une catégorie principale, a une grille inversée par rapport à l'habitude : « Pas de frais d'insertion. Pas de commission de vente. Boutique gratuite jusque 1000 objets. » Les frais de plateforme y sont « à charge de l'acheteur », sous la forme d'un pourcentage et d'un montant fixe par objet que la page tarifaire détaille. Cette page ne reprend pas ces deux chiffres, parce que la grille lue depuis la France affiche un taux de TVA qui n'est pas le taux français, et un montant toutes taxes comprises n'est donc pas transposable tel quel. Ce qui compte pour vous ne dépend pas d'eux : le coût direct pour le vendeur est nul ; en contrepartie, le prix affiché n'est pas le prix payé par l'acheteur, ce qu'il faut garder en tête en comparant des prix d'un site à l'autre.

Le négociant est l'autre bout du spectre. Il achète la collection, vous paie tout de suite, et son prix d'achat est son fonds de commerce. C'est le canal rationnel pour un lot volumineux et homogène dont la vente à l'unité prendrait des années. C'est aussi le canal physique : les recherches sur ce sujet font apparaître une carte de commerçants proches du chercheur, ce qui n'arrive pas pour des vêtements ou un téléphone.

Les enchères et la vente sur offres servent le cas inverse, celui des pièces rares. La vente sur offres est un format propre au marché de la collection : les lots sont publiés dans un catalogue, les acheteurs envoient leurs offres, et le lot part à la meilleure. Cette page ne publie aucun pourcentage de commission pour ces deux canaux, pour une raison précise : aucun des opérateurs concernés ne maintient de grille publique stable et vérifiable, et un chiffre recopié ailleurs serait faux avant d'être lu. Demandez-la par écrit avant de confier quoi que ce soit.

Une dernière option mérite d'être nommée : pour un lot sans valeur philatélique particulière, les petites annonces locales évitent les frais de port et le conditionnement. Le comparatif des marketplaces où un vendeur français peut vendre détaille les barèmes de chacune, commission par commission.

Étape 4 : Faire expertiser, mais seulement ce qui le justifie

L'expertise consiste à authentifier une pièce et, si nécessaire, à établir un certificat. Elle n'a de sens que pour le tas un, et sa fonction n'est pas de produire un prix : c'est de séparer les pièces authentiques des falsifications, qui existent en philatélie depuis aussi longtemps que les timbres rares.

Qui expertise : les négociants et experts membres de la CNEP, la chambre syndicale des négociants et experts en philatélie, peuvent examiner les pièces et fournir un certificat d'authenticité pour les timbres de valeur. Ce document décrit la conformité et les caractéristiques de la pièce et inclut une photo. Son intérêt pour un vendeur est direct : il « protège l'acheteur et ses ayants droit pendant trente ans », ce qui fait du certificat un argument de vente autant qu'une sécurité. Une précaution à l'achat comme à la vente : vérifier l'authenticité du certificat lui-même, les faux certificats existant aussi.

La règle de décision est simple. Si la vente conclue comparable trouvée à l'étape 2 est de quelques euros, l'expertise coûte plus que la pièce. Si elle se compte en centaines d'euros, l'absence de certificat coûte plus que l'expertise.

Étape 5 : Vérifier le seuil de 5 000 euros avant de signer

C'est ici que la France se distingue, et le détail qui suit vaut le détour parce qu'il change une décision, pas seulement une déclaration.

Les timbres ne sont pas des biens d'occasion ordinaires au sens fiscal. Le BOFiP, qui publie la doctrine de l'administration, ouvre sa liste des objets de collection par « timbres-poste et assimilés ». La vente relève donc de la taxe forfaitaire sur les objets précieux, et non du régime qui s'applique quand vous videz une armoire.

Ce que dit le texteLe chiffre
Exonération si le prix de cession n'excède pas ce montant5 000 €
Taux pour les bijoux, objets d'art, de collection ou d'antiquité6 % du prix de cession
Contribution pour le remboursement de la dette sociale0,5 %
Abattement par année de détention au-delà de la deuxième, sur option5 % par an
Détention au terme de laquelle la plus-value est définitivement exonérée22 ans

Le premier chiffre est le seul qui compte pour la grande majorité des collections : « Sont exonérées […] les cessions ou exportations de bijoux, d'objets d'art, de collection ou d'antiquité lorsque le prix de cession, ou la valeur en douane, est inférieur ou égal à 5 000 €. » En dessous, il n'y a rien à payer et rien à déclarer à ce titre.

Le point que presque aucune page ne mentionne est la manière dont ce seuil se mesure. Le texte est explicite, et il prend les timbres comme premier exemple : « La limite de 5 000 € s'applique à chaque cession ou exportation. En pratique, il convient de l'apprécier objet par objet, sauf lorsque les objets cédés ou exportés forment un ensemble. Tel est notamment le cas d'une collection de timbres-poste, d'un collier de perles ou de pierres précieuses […] » Et il précise la situation inverse : « En revanche, si les différents éléments de l'ensemble sont cédés à des acheteurs distincts, il y a dispersion de l'ensemble et le franchissement de la limite de 5 000 € s'apprécie alors objet par objet. »

Lu simplement : une collection cédée en bloc à un négociant est une seule cession, et c'est son prix total qui se compare aux 5 000 €. La même collection dispersée entre des dizaines d'acheteurs sur une marketplace est mesurée pièce par pièce. Le texte ferme par ailleurs le contournement évident : vendre les éléments d'un même ensemble séparément mais « à des dates rapprochées et à un même acheteur » est considéré comme une cession unique.

Deux confusions à écarter au passage. Les seuils de 30 opérations et 2 000 € dont les plateformes vous parlent ne sont pas un impôt : ce sont les seuils à partir desquels elles transmettent vos opérations à l'administration, et celle-ci précise que « Ces seuils ne signifient pas automatiquement que les sommes sont imposables ». Le mécanisme est détaillé dans ce que les plateformes transmettent à l'administration fiscale. Et vendre des biens qui vous appartenaient n'est pas la même chose que vendre des biens achetés pour être revendus : l'administration pose les deux cas séparément, et seul le second est imposable par nature, dès la première vente.

Étape 6 : Le cas particulier d'une collection héritée

Si la collection vous vient d'une succession, une option existe qui peut valoir mieux que la taxe forfaitaire : opter pour le régime de droit commun des plus-values de cession de biens meubles. L'option se fait par la déclaration n° 2092, et son intérêt est évident lorsque la plus-value réelle est faible ou nulle, puisque la taxe forfaitaire, elle, porte sur le prix de vente entier sans tenir compte de ce que le bien a coûté.

La condition est stricte : l'option n'est ouverte que si le vendeur « est en mesure d'établir de manière probante la date et le prix d'acquisition du bien ou de justifier qu'il le détient depuis plus de vingt-deux ans ». Un héritier n'a en général ni facture ni vingt-deux ans de détention personnelle. Le texte prévoit donc deux chemins pour lui.

Le premier est documentaire : pour un bien reçu par voie de succession ou de donation, la preuve peut être « un extrait de la déclaration ou de l'acte ayant servi de base à la liquidation des droits de mutation et mentionnant le bien concerné ». La condition tient en un mot : la déclaration de succession doit mentionner distinctement les biens acquis. C'est une raison concrète de faire figurer une collection de timbres dans un inventaire de succession plutôt que de la laisser dans un lot de mobilier non détaillé.

Le second est automatique et peut annuler la plus-value : lorsque le bien reçu par succession est vendu en vente aux enchères publiques dans les deux années du décès, « la valeur d'acquisition est réputée égale au prix de cession ». Il n'y a alors, par construction, aucune plus-value à imposer. Ce point explique à lui seul pourquoi le calendrier d'une vente aux enchères compte, pour une collection héritée, autant que le choix de l'opérateur.

Le régime des plus-values comporte enfin une décote de temps, utile pour une collection ancienne détenue par le vendeur lui-même : « par l'application d'un abattement de 5 % par année de détention au-delà de la deuxième, les plus-values […] sont définitivement exonérées au bout de la vingt-deuxième année ».

Si vous commencez à acheter des timbres pour les revendre

Il existe une limite nette entre vider un héritage et faire du commerce, et elle ne porte ni sur un montant ni sur un nombre de ventes. Elle porte sur l'origine des objets. L'administration pose les deux cas côte à côte : vendre des biens « m'appartenant que j'ai utilisés et que je ne souhaite pas conserver » n'est en général pas imposable, tandis que vendre « des biens que j'ai achetés ou que je fabrique pour les (re)vendre » est imposable et doit être déclaré, dès la première vente. Le fonctionnement de ce modèle et le calcul de marge qu'il impose sont traités dans acheter pour revendre en ligne, étape par étape.

À partir de ce moment, le travail change de nature : vous ne videz plus un album, vous décidez quoi acheter, et cette décision se prend sur des ventes conclues plutôt que sur une cote. C'est à cette étape seulement, et pas avant, qu'un outil de données de marché a un sens, parce qu'il remplace le comptage manuel des ventes terminées, mot-clé par mot-clé, par une lecture directe de ce qui s'est vendu et à quel prix. L'eBay Product Research Tool de ZIK Analytics travaille sur une fenêtre de ventes de 7 à 30 jours, là où l'eBay Category Research Tool raisonne sur des données cumulées à l'échelle d'une catégorie, ce qui explique que les deux ne donnent pas le même résultat pour le même mot-clé.

L'eBay Product Research Tool de ZIK Analytics, sur le mot-clé anglais de démonstration « mens watch » : au-dessus, le nombre d'annonces et le nombre d'exemplaires vendus sur la période, qui sont les deux chiffres utiles pour décider si un mot-clé mérite qu'on achète dedans ; à côté, le prix moyen et le chiffre d'affaires de la même période. La scène porte sur la place de marché américaine en dollars

Deux limites à connaître avant de s'y fier pour de la philatélie, et la première est décisive ici. ZIK Analytics indique que les résultats et analyses pour la place de marché eBay France sont actuellement limités, parce qu'ils reposent uniquement sur les données fournies par eBay, des améliorations étant en cours à mesure que la plateforme élargit son partage de données. Pour un marché français de niche comme le timbre, cela veut dire que l'outil ne remplace pas la lecture directe des ventes terminées sur eBay.fr ni celle des ventes passées sur une marketplace de collection. Seconde limite, structurelle celle-là : un outil de données agrégées raisonne par mot-clé et par catégorie, alors qu'un timbre rare est une pièce unique dont l'état fait le prix. Il sert à mesurer une demande, jamais à évaluer un objet.

Si votre tiroir contient autre chose que des timbres, deux pages voisines traitent les cas les plus fréquents avec la même méthode : où vendre ses cartes Pokémon, et à quel prix, et revendre des vêtements quand c'est la pile qui est le problème. Et si vous n'avez encore jamais rien vendu sur la plateforme, le guide pour vendre sur eBay depuis la France reprend la mécanique complète, de l'ouverture du compte à la première expédition.

Ce qu'il faut retenir

Prenez les étapes dans cet ordre et la plupart des arbitrages se font tout seuls.

Triez avant de choisir un canal, parce que la valeur d'une collection est concentrée sur quelques pièces et que l'épaisseur de l'album ne dit rien du montant. Lisez la cote dans la bonne colonne, celle de l'état réel de vos timbres, puis rappelez-vous qu'une cote est une base de transaction et non un prix : le seul prix qui existe est celui d'une vente conclue, et le filtre des ventes terminées suffit à l'observer.

Choisissez ensuite le canal selon le lot, pas selon l'habitude. Vendre vous-même ne coûte rien à un particulier de l'EEE sur eBay.fr, et rien non plus au vendeur sur Delcampe, dont les frais de plateforme sont payés par l'acheteur. Un négociant achète le volume et vous paie tout de suite, moins sa marge. Les enchères et la vente sur offres servent les pièces rares, et leur commission se demande par écrit avant de confier le lot.

Vérifiez enfin le seuil fiscal avant de signer. En dessous de 5 000 €, il n'y a rien à payer. Au-dessus, le taux est de 6 % du prix de cession plus 0,5 % de CRDS, et le seuil s'apprécie sur l'ensemble si la collection part en bloc, pièce par pièce si elle est dispersée entre acheteurs distincts. Si la collection est héritée, l'option de la déclaration n° 2092 et la règle de la vente aux enchères dans les deux ans du décès méritent d'être regardées avant de choisir une date.

Questions fréquentes

Quel est le meilleur site pour vendre des timbres ?

La question n'a pas de réponse unique parce que les sites ne servent pas le même lot. Pour des timbres courants vendus à l'unité ou en petits lots, les deux canaux à comparer sont eBay.fr et Delcampe. eBay.fr apporte le trafic généraliste le plus large et ne coûte rien à un vendeur particulier résidant dans l'Espace économique européen : la page officielle des frais indique qu'il ne paie « pas de frais de transaction (commission sur le prix final et frais d'exploitation réglementaires) […] quelle que soit la catégorie », avec 150 annonces gratuites par mois. Delcampe apporte un public de collectionneurs, Timbres étant l'une de ses catégories principales, et sa grille est inhabituelle : « Pas de frais d'insertion. Pas de commission de vente », les frais de plateforme y étant « à charge de l'acheteur » et non du vendeur. Pour une collection entière, aucun des deux n'est le bon outil : il faut regarder du côté du négociant, des enchères ou de la vente sur offres, décrits à l'étape 3. Et pour des lots sans valeur philatélique particulière, les petites annonces locales évitent les frais de port.

Comment savoir si mon timbre a de la valeur ?

Par trois critères, et dans cet ordre. La rareté se lit dans un catalogue de cotation : chaque timbre y porte un numéro unique reconnu internationalement, avec son pays, son année, son tirage et sa dentelure. La qualité s'évalue sur l'objet lui-même, et Yvert & Tellier en donne les points de contrôle : « dentelure correcte, gomme impeccable pour les timbres neufs, centrage adéquat ». La demande, enfin, fait varier la valeur dans le temps. Attention au piège : la cote du catalogue est un repère de transaction, pas un prix de vente. Le même éditeur précise que cette cote « ne constitue pas un prix fixe ». Deux conséquences pratiques. D'abord, la valeur d'une collection est presque toujours concentrée sur quelques pièces, et vérifier d'abord celles-là fait gagner des heures. Ensuite, un prix réel ne s'observe que sur des ventes conclues : sur eBay.fr, le filtre « Ventes terminées » les affiche. Pour une pièce qui semble sortir de l'ordinaire, l'expertise par un négociant membre de la CNEP est le seul moyen d'établir l'authenticité.

Faut-il déclarer la vente d'une collection de timbres ?

Cela dépend du montant et, surtout, de la façon de vendre. Les timbres-poste sont des objets de collection au sens fiscal, donc la vente relève de la taxe forfaitaire sur les objets précieux. Le BOFiP énonce l'exonération : sont exonérées les cessions « dont le prix de cession ou la valeur n'excède pas 5 000 € ». Au-delà, le taux est de 6 % du prix de cession pour les objets de collection, plus 0,5 % de CRDS. Le point que presque personne n'explique est la manière dont ce seuil se mesure : « En pratique, il convient de l'apprécier objet par objet, sauf lorsque les objets cédés ou exportés forment un ensemble. Tel est notamment le cas d'une collection de timbres-poste […] » Et le texte ajoute que si les éléments « sont cédés à des acheteurs distincts, il y a dispersion de l'ensemble et le franchissement de la limite de 5 000 € s'apprécie alors objet par objet ». Une collection cédée en bloc est donc une seule cession. À ne pas confondre avec les seuils de 30 opérations et 2 000 € dont parlent les plateformes : ce sont des seuils de transmission d'informations, et l'administration précise qu'ils « ne signifient pas automatiquement que les sommes sont imposables ».

Comment se débarrasser d'une collection de timbres héritée ?

Sans la jeter, et sans la vendre le jour où on la trouve. Trois précautions, dans l'ordre. Faites d'abord l'inventaire sommaire décrit à l'étape 1 : pays, périodes, état général, et repérage des pièces qui sortent du lot. Demandez ensuite plusieurs offres sur la même description, parce qu'un négociant qui achète au comptant, une maison d'enchères et une vente sur offres n'aboutissent ni au même montant ni au même délai. Vérifiez enfin votre situation fiscale avant de signer, et là l'héritage change les règles. L'option pour le régime des plus-values, qui remplace la taxe forfaitaire, se fait par la déclaration n° 2092 et n'est ouverte que si vous pouvez « établir de manière probante la date et le prix d'acquisition du bien » ou justifier d'une détention de plus de vingt-deux ans. Pour un bien reçu par succession, le BOFiP accepte un extrait de la déclaration de succession mentionnant distinctement le bien ; et si le bien hérité est vendu aux enchères publiques dans les deux années du décès, « la valeur d'acquisition est réputée égale au prix de cession ».

Combien peut-on vendre une collection de timbres ?

Cette page ne donne aucun montant, et c'est volontaire : aucun chiffre honnête n'existe sans avoir la collection sous les yeux. La valeur dépend des pays et des périodes couverts, de l'état de chaque pièce, de la présence ou non de quelques raretés, et de la demande du moment. Ce qui peut être dit d'utile est structurel. Premièrement, la valeur est concentrée : quelques pièces font souvent l'essentiel du total, et le volume de l'album ne dit rien du montant. Deuxièmement, un album épais de timbres oblitérés courants des cinquante dernières années a une valeur de revente faible, parce que ces timbres ont été imprimés et conservés en très grand nombre. Troisièmement, la cote du catalogue n'est pas le prix que vous obtiendrez, et toute offre qui s'appuie sur un pourcentage de cote est une convention commerciale, pas une évaluation. La seule estimation fiable est écrite, porte sur votre lot décrit, et vient de plusieurs acheteurs mis en concurrence sur la même description.

Est-il possible de revendre des timbres achetés pour cela ?

Oui, et c'est à ce moment que le régime change complètement. Tant que vous videz un tiroir ou un héritage, vous vendez des biens qui vous appartenaient. Dès que vous achetez des timbres dans le but de les revendre, vous entrez dans le second cas posé par l'administration fiscale : « Je vends des biens que j'ai achetés ou que je fabrique pour les (re)vendre : ces ventes sont imposables et doivent être déclarées. » Il n'y a pas de seuil en dessous : la règle s'applique dès la première vente. Les obligations qui vont avec, le statut à choisir et le calcul de marge que cela impose sont traités sur notre page consacrée à l'achat-revente en ligne. Une remarque de méthode pour qui s'y engage : sur un marché de pièces uniques, la décision d'achat se prend sur des ventes conclues comparables, pas sur une cote de catalogue ni sur une intuition.